Editorial (Numéro 1)
mai 25, 2006
Pourquoi Sens-Dessous ?
Cette revue se propose de questionner le réel en fonction de ce qui est vécu. Elle sollicite les acteurs de la vie intellectuelle, associative ou politique dans les domaines dits « des sciences humaines » de la philosophie jusqu’à l’esthétique. Et repose sur la conviction que la pensée nécessite une prise de risque et un engagement de la part de celui qui en est l’auteur.
- Elle n’a pas pour sens d’être un espace d’expression supplémentaire pour des « discours autorisés ».
- Elle n’a pas pour sens d’être lue en fonction des spécialités ou des domaines de compétence.
- Elle prétend interroger la portée de ces discours confrontés à l’expérience ou à la multiplicité.
Sens-Dessous a donc pour ambition de faire apparaître – à travers des réflexions théoriques, des entretiens, et une revue de l’actualité- ce que nous appelons le « dessous ».
Le « dessous » définit la complexité des expériences vécues intellectuelles ou existentielles.
Luttons-nous pour la justice ?
La question de l’engagement s’impose naturellement dans le premier numéro puisque, c’est d’abord une inquiétude sur les formes possibles de l’engagement aujourd’hui qui motive l’existence de cette revue.
Que signifie s’engager ? Peut-on définir l’engagement en dehors des situations ou des contextes qui le supportent ? Sommes-nous toujours conscients de ce pourquoi nous luttons ? N’est-ce pas à mesure que nous nous engageons que nous en comprenons les raisons ? Que signifie cette compréhension ?
La question de l’engagement est fondamentalement complexe. Elle est à la croisée d’une réflexion sur l’existence et d’une critique de l’ordre social. S’engager n’est peut-être jamais seulement mettre en gage sa personne et ses convictions mais supporter qu’elles ne prennent sens qu’à mesure que l’expérience les nourrit. C’est l’ambiguïté de ce processus que nous avons cherché à éclairer. Peut-être cette démarche s’accorde finalement aux enjeux contemporains, comme si l’époque, enfin, demandait de prendre la mesure des crises idéologiques, comme si elle ne nous invitait plus seulement à nous demander pour quoi nous nous engageons mais … Comment.