Des traces, quelles traces ? (4e de couverture de Trace[s])

Publié: 13 mars 2013 dans N10. Trace[s], S-D n° 10
Des traces, quelles traces ?

parJean Michel

Celles de ces noms patronymiques antillais ou guyanais, stigmates coloniaux récurrents qui gisent dans les mémoires et les registres. Ou celles laissées dans les mémoires par Le populaire, journal de la SFIO, ou par les conducteurs de bus et de la RATP qui ne se soustraient pas à la réquisition ce 17 octobre 1961 à Paris. Ou celle de Frantz Fanon, effacée par le peace and love des années soixante-dix, quand le psychiatre dénonce le mythique « Syndrome nord – africain » du corps médical, ou le réalisme scientifique d’Octave Mannoni à Madagascar. Celle, bien visible, en revanche, de la « marque d’infamie », ancêtre du casier judiciaire, qui marque et flétrit le corps des criminels et délinquants, jusqu’à l’arrivée du Code pénal en 1791. Celles, déstructurantes, des séances de mensurations anthropométriques. Celles marquant Athur Koestler, emprisonné en Espagne en 1937, traumatisé au point de considérer ses geôliers comme une espèce supérieure. Celles des détenus de notre maison d’arrêt locale. Pour quelques uns, une bénévole pour initier à la peinture et un collectif qui favorise une échappée de soi, en réponse à l’adresse du visage, visible enfin, du codétenu, voire de l’agent. Celle laissée par l’accident. La sérendipité, ce processus de reconstruction qui permet aujourd’hui le déchiffrement des traces des internautes. Des traces supposées acquises consciemment, et dont les sciences neuro-cognitives disent qu’elles guideraient des comportements inconscients. Cette ruse de l’Histoire écrite au fronton de faïence de la gare d’Oradour sur Glane : ORA….G….E La trace de l’argile qui s’incruste sous les ongles des écoliers de la maternelle, et se répand dans le corps sujet-objet. Les traces de ces réparations nommées « repentirs » en peinture. La trace du réel en photo, « simple émanation du référent » selon Roland Barthes, curieusement essentialiste en la matière… La trace des trouvères, suivie par Jean-Louis Murat, humble héritier tourmenté : « Comment passer après Baudelaire ? »

Pour en savoir plus…

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