Archives de mars, 2015

Quelques citations pour introduire la discussion.
• L’art est aussi nécessaire que le bouffon.
——Nietzsche
L’art est un anti-destin.
——André Malraux
• L’art est bien éloigné du vrai, et c’est apparemment pour cette raison qu’il peut façonner toutes choses : pour chacune en effet, il n’atteint qu’une petite partie, et cette partie n’est elle-même qu’un simulacre.
——Platon, La république.
• L’art est l’ensemble des images que la création humaine a opposé au temps.
——José-Maria de Hérédia
• L’art ne reproduit pas le visible, il le rend visible.
——Paul Klee
• L’artiste nous prête ses yeux pour regarder le monde.
——Schopenhauer
• Qu’est-ce que vous croyez que c’est un artiste ? Un imbécile qui n’a que ses yeux ? La peinture n’a pas été inventée pour décorer les appartements.
——Pablo Picasso
• L’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art.
——Robert Filliou
• L’art est fait pour troubler. La science rassure.
——George Braque, Le jour et la nuit.
• Une œuvre d’art n’est jamais immorale. L’obscénité commence où l’art finit.
——Raymond Poincaré, La chanson des gueux.
•Le grand ennemi de l’art, c’est le bon goût.
——Marcel Duchamp
• L’art naît de contraintes, vit de luttes et meurt de liberté.
——André Gide
• L’art est un mensonge qui nous permet de dévoiler la vérité.
——Pablo Picasso
• Toute œuvre d’art est une possibilité permanente de métamorphose, offerte à tous les hommes.
——Octavio Paz
• Dans l’art, il n’y a pas d’immoralité. L’art est toujours sacré.
——Auguste Rodin
• Le meilleur tableau est celui que la raison ne peut admettre.
——Guillaume Corneille
• L’œuvre d’art est un arrêt du temps.
——Pierre Bonnard
• L’émotion ne s’ajoute, ni ne s’initie : elle est le germe, et l’œuvre est l’éclosion.
——George Braque
• Il faut bien comprendre que l’art n’existe que s’il prolonge un cri, un rire ou une plainte.
——Jean Cocteau, La difficulté d’être.
• Je crois que l’art est la seule forme d’activité par laquelle l’homme en tant que tel se manifeste comme véritable individu. Par elle seule, il peut dépasser le stade animal, parce que l’art est un débouché sur des régions ou ne domine ni le temps, ni l’espace.
——Marcel Duchamp
• C’est un des privilèges prodigieux de l’Art que l’horrible, artistement exprimé, devienne beauté, et que la douleur rythmée et cadencée remplisse l’esprit d’une joie calme.
——Charles Baudelaire, Théophile Gautier.
• L’artiste n’a de responsabilité envers personne. Son rôle social est asocial. Sa seule responsabilité réside dans sa position face au travail qu’il accomplit.
——Alain Robbe-Grillet, Pour un nouveau roman.
• Tous les arts sont comme des miroirs où l’homme connaît et reconnaît quelque chose de lui-même qu’il ignorait.
——Alain, Vingt leçons sur les Beaux Arts.
• L’art est une activité qui permet à l’homme d’agir sciemment sur ses semblables au moyen de certains signes extérieurs afin de faire naître en eux, ou de faire revivre, les sentiments qu’il a éprouvés.
——Léon Tolstoï, Qu’est-ce que l’art ?
• L’art est une abstraction, c’est le moyen de monter vers Dieu en faisant comme notre divin Maître, créer.
——Paul Gauguin
• L’art vise à imprimer en nous des sentiments plutôt qu’à les exprimer.
——Henri Bergson
• Tout art s’adresse aux sens, d’abord, plus qu’à l’esprit.
——Francis Carco, L’ami des peintres.
• L’art consiste à faire éprouver aux autres ce que nous éprouvons, à les libérer d’eux-mêmes, en leur proposant notre personnalité comme libération particulière.
——Fernando Pessao, Le livre de l’intranquillité.
• L’art ? Quel art ! Quel billard hilare ! L’armement, a décrété Platon. Rien n’est beau que le vrai, a répondu Boileau. Un sentiment universel, a confirmé Kant. Toujours bizarre, a rétorqué Baudelaire.
——Thierry Fischer, L’avenir de l’art.
• En toute œuvre d’art, la pensée sort de l’œuvre, et jamais une œuvre ne sort d’une pensée.
——Alain Fournier
• Comprendre une œuvre d’art, c’est mesurer exactement les raisons qui nous la rendent inintelligible à jamais.
——Renaud Camus
• Le langage absolu se retrouve en tous les arts, qui, en ce sens, sont comme des énigmes, signifiant impérieusement et beaucoup sans qu’on puisse dire en quoi.
——Alain Fournier
• Or l’art, c’est l’idée de l’œuvre, l’idée qui existe sans matière.
——Aristote
• En un mot, l’art crée à dessein des images, des apparences destinées à représenter des idées, à nous montrer la vérité sous des formes sensibles. Par là, il a la vertu de remuer l’âme dans ses profondeurs les plus intimes, de lui faire éprouver les pures jouissances attachées à la vue et à la contemplation du beau.
——Hegel
• L’art reproduit les idées éternelles qu’il a conçues par le moyen de contemplation pure, c’est-à-dire l’essentiel et le permanent de tous les phénomènes du monde.
——Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation.
• Les œuvres d’art (sont) les satisfactions imaginaires de désirs inconscients, tout comme les rêves.
——Sigmund Freud
• L’art sauvera le monde.
——Fédor Dostoïevski

Petit recueil de textes pour quelques pistes de réflexions.
1. Bergson, La pensée et le mouvant.
À quoi vise l’art, sinon à nous montrer, dans la nature et dans l’esprit, hors de nous et en nous, des choses qui ne frappaient pas explicitement nos sens et notre conscience ? Le poète et le romancier qui expriment un état d’âme ne le créent certes pas de toutes pièces ; ils ne seraient pas compris de nous si nous n’observions pas en nous, jusqu’à un certain point, ce qu’ils nous disent d’autrui. Au fur et à mesure qu’ils nous parlent, des nuances d’émotion et de pensée nous apparaissent qui pouvaient être représentées en nous depuis longtemps, mais qui demeuraient invisibles : telle, l’image photographique qui n’a pas encore été plongée dans le bain où elle se révélera. Le poète est ce révélateur. Mais nulle part la fonction de l’artiste ne se montre aussi clairement que dans celui des arts qui fait la plus large place à l’imitation, je veux dire la peinture. Les grands peintres sont des hommes auxquels remonte une certaine vision des choses qui est devenue ou qui deviendra la vision de tous les hommes. Un Corot, un Turner, pour ne citer que ceux-là, ont aperçu dans la nature bien des aspects que nous ne remarquions pas. Dira-t-on qu’ils n’ont pas vu, mais crée, qu’ils nous ont livré les produits de leur imagination, que nous adoptons leurs inventions parce qu’elles nous plaisent, et que nous nous amusons simplement à regarder la nature à travers l’image que les grands peintres nous en ont tracée ? C’est vrai dans une certaine mesure mais s’il en était uniquement ainsi, pourquoi dirions-nous de certaines œuvres celles des maîtres qu’elles sont vraies ?

2. Hannah Arendt, La Crise de la culture.
Parmi les choses qu’on ne rencontre pas dans la nature, mais seulement dans le monde fabriqué par l’homme, on distingue entre objets d’usage et œuvres d’art ; tous deux possèdent une certaine permanence qui va de la durée ordinaire à une immortalité potentielle dans le cas de l’œuvre d’art. En tant que tels, ils se distinguent d’une part des produits de consommation, dont la durée au monde excède à peine le temps nécessaire à les préparer, et d’autre part, des produits de l’action, cornme les événements, les actes et les mots, tous en eux-mêmes si transitoires qu’ils survivraient à peine à l’heure ou au jour où ils apparaissent au monde, s’ils n’étaient conservés d’abord par la mémoire de l’homme, qui les tisse en récits, et puis par ses facultés de fabrication. Du point de vue de la durée pure, les œuvres d’art sont clairement supérieures à toutes les autres choses ; comme elles durent plus longtemps au monde que n’importe quoi d’autre, elles sont les plus mondaines des choses. Davantage, elles sont les seules choses à n’avoir aucune fonction dans le processus vital de la société ; à proprement parler, elles ne sont pas fabriquées pour les hommes, mais pour le monde, qui est destiné à survivre à la vie limitée des mortels, au va-et-vient des générations. Non seulement elles ne sont pas consommées comme des biens de consommation, ni usées comme des objets d’usage : mais elles sont délibérément écartées des procès de consommation et d’utilisation, et isolées loin de la sphère des nécessités de la vie humaine.

3. Guy de Maupassant, Le roman, préface à Pierre et Jean (1888)
Le romancier, au contraire, qui prétend nous donner une image exacte de la vie, doit éviter avec soin tout enchaînement d’événements qui paraîtrait exceptionnel. Son but n’est point de nous raconter une histoire, de nous amuser ou de nous attendrir, mais de nous forcer à penser, à comprendre le sens profond et caché des événements. A force d’avoir vu et médité il regarde l’univers, les choses, les faits et les hommes d’une certaine façon qui lui est propre et qui résulte de l’ensemble de ses observations réfléchies. C’est cette vision personnelle qu’il cherche à nous communiquer en la reproduisant dans un livre. […] 
Mais en se plaçant au point de vue même de ces artistes réalistes, on doit discuter et contester leur théorie qui semble pouvoir être résumée par ces mots : « Rien que la vérité et toute la vérité. » 
Leur intention étant de dégager la philosophie de certains faits constants et courants, ils devront souvent corriger les événements au profit de la vraisemblance et au détriment de la vérité, car : 
Le vrai peut quelquefois n’être pas vraisemblable. 
Le réaliste, s’il est un artiste, cherchera, non pas à nous montrer la photographie banale de la vie, mais à nous en donner la vision plus complète, plus saisissante, plus probante que la réalité même. 
Raconter tout serait impossible, car il faudrait alors un volume au moins par journée, pour énumérer les multitudes d’incidents insignifiants qui emplissent notre existence. Un choix s’impose donc. […] 
La vie encore laisse tout au même plan, précipite les faits ou les traîne indéfiniment. L’art, au contraire, consiste à user de précautions et de préparations, à ménager des transitions savantes et dissimulées, à mettre en pleine lumière, par la seule adresse de la composition, les événements essentiels et à donner à tous les autres le degré de relief qui leur convient, suivant leur importance, pour produire la sensation profonde de la vérité spéciale qu’on veut montrer. 
Faire vrai consiste donc à donner l’illusion complète du vrai, suivant la logique ordinaire des faits, et non à les transcrire servilement dans le pêle-mêle de leur succession. 
J’en conclus que les Réalistes de talent devraient s’appeler plutôt des Illusionnistes.

4. Lettre de Vincent à Théo, 9 septembre 1888
Dans mon tableau Le Café la nuit j’ai cherché à exprimer l’idée que le café est un endroit où l’on peut se ruiner, devenir fou, commettre des crimes. Alors j’ai cherché, par des contrastes de rose tendre et de rouge sang, de doux vert Louis XV et Véronèse, contrastant avec les jaune et les vert-bleu durs, tout cela dans une atmosphère de fournaise infernale, de soufre pâle, à exprimer comme la puissance des ténèbres d’un assommoir. 
Et en même temps, avec un apparence de gaieté japonaise et la bonhomie du Tartarin…

5. Théophile Gautier, Mademoiselle Maupin, 1835
Il n’y a rien de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid, car c’est l’expression de quelque besoin, et ceux de l’homme sont ignobles et dégoûtants comme sa pauvre et infirme nature. L’endroit le plus utile d’une maison, ce sont les latrines. Moi, n’en déplaise à ces messieurs, je suis de ceux pour qui le superflu est nécessaire ; et j’aime mieux les choses et les gens en raison inverse des services qu’ils me rendent. Je préfère, à mon pot de chambre qui me sert, un pot chinois, semé de dragons et de mandarins, qui ne me sert pas du tout.

L’édito

Publié: 2 mars 2015 dans N15. Panique, S-D 15

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L’édito
par Nadia Taïbi

Chat alors !

Paniquer est lâcher prise. Ne plus être en état de raisonner. Être envahi par un sentiment d’impuissance tel que l’on se sent comme perdu : coller à l’événement. Bref, paniquer ce n’est pas suspendre son jugement mais avoir son jugement suspendu là, quelque part dans la catastrophe, mais plus en nous. De ce fait, céder à la panique, c’est un peu comme si on levait un barrage. Toutes les émotions contenues et les délires enfouis s’écoulent. Une chose est certaine cependant : il n’y a nulle raison à la panique. Prenez cet automne : nous étions le 13 novembre 2014, un tigre avait été aperçu près d’un supermarché à Montévrain en Seine-et-Marne. Deux cents policiers et gendarmes ont été mobilisés, un hélicoptère réquisitionné, des spécialistes des félins appelés à la rescousse… La traque dans les sous-bois a monopolisé l’attention des médias, venus en nombre suivre la progression des recherches. Mais patatras : des examens plus poussés des empreintes ont montré que l’animal était un félin de petite taille, loin du fauve menaçant que les autorités pensaient traquer. Remarquez, une petite panique de temps en temps, cela nous sort du quotidien. C’est bon d’être un peu suspendu. On aurait tellement de sujets d’inquiétude sinon. Tiens, cela me fait penser que, pas très loin de Montévrain (33 km à vol de buse du Cap-Vert), à Savigny-le-Temple, le samedi 15 novembre, était organisée une marche silencieuse par la famille de Mohamed, jeune Savignien de 29 ans, tué au fusil de chasse, dimanche 9 novembre, devant son domicile. « Le cortège a défilé de la gare de Savigny-le-Temple en direction de l’avenue de l’Europe pour se rendre sur les lieux du drame et, ensuite, à la mosquée », rapportait La République de Seine-et-Marne. La panique est un lâcher prise, disions-nous, mais il se peut parfois qu’elle définisse juste un mouvement où le lâche est pris.
Et pendant ce temps-là, la hyène ricane ! Et… j’en suis bien marrie…

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Accueil > Sens-Dessus n° 15 : Panique > L’ambiguïté sociale des paniques morales

L’ambiguïté sociale des paniques morales
par Lilian Mathieu

Le concept de panique morale est l’un des plus ambigus du vocabulaire sociologique. En premier lieu parce qu’il paraît implicitement disqualifier, voire condamner, les réalités qu’il désigne. Le terme de « panique » suggère un phénomène marqué par l’irrationalité et suppose que ceux qui y sont soumis connaissent ponctuellement une forme de régression mentale, tandis que l’adjectif « morale » prête le flanc au soupçon de moralisme : c’est en référence à une conception rigide ou puritaine de l’ordre social que se répandrait la panique. Ensuite, parce que les interprétations sociologiques des phénomènes désignés comme paniques morales recèlent fréquemment une ambiguïté quant au statut des individus qui y sont sujets.

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Accueil > Sens-Dessus n° 15 : Panique > La panique morale au cœur des politiques publiques de la prostitution

La panique morale au cœur des politiques publiques de la prostitution
par Laurent Mélito

Les pouvoirs médiatiques, experts et politiques participent puissamment à façonner les opinions publiques tout en s’en revendiquant les porte-parole, contribuant ainsi à la (re)configuration de l’espace public. Si cette dynamique s’inscrit dans la longue durée de la socio-histoire de ce dernier, la densification plus récente et exponentielle des liens entre ces trois pouvoirs s’est notamment précipitée, à l’endroit de la communication et de l’action politiques, en ce que sociologues, politistes et philosophes nomment « panique morale ».

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Accueil > Sens-Dessus n° 15 : Panique > Panique à l’origine ou de la mort sans limite

Panique à l’origine ou de la mort sans limite
par Christophe Meignant

Pas d’auto-engendrement du sujet, mais une histoire relationnelle : en amont du sujet, il n’y a rien, sinon l’autre. Par sujet, nous entendons l’être auquel incombe la tâche de se rendre conscient dans le projet même de vivre, sur fond de la béance originaire qui radicalise la finitude de son surgissement dans le monde, et ce à partir de la nécessaire relation dynamique du langage et du désir. Le sujet n’étant substance en aucun sens (pas de subsistance par soi), foyer agi de ses affects et de ses représentations, effet du désir de l’autre et de son propre désir, il dépend dans son élaboration du jeu dialectique de ses propres conditions : il est à la merci de l’autre, son premier état est d’être exposé.

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Accueil > Sens-Dessus n° 15 : Panique > Le mutisme sélectif chez l’enfant

Le mutisme sélectif chez l’enfant
par Emmanuel de Becker et Nadia Taïbi

Le mutisme sélectif de l’enfant constitue un symptôme qui n’est pas révélateur d’une structure psychopathologique précise. Il se manifeste sous différentes formes. Isolé, le mutisme peut affecter l’enfant pendant des années précédant une première consultation, tant l’entourage s’accommode et intègre dans son fonctionnement cette inhibition. C’est ce que met au jour Emmanuel de Becker dans son travail au Service de psychiatrie infanto-juvénile des Cliniques universitaires Saint-Luc et au Service de santé mentale Chapelle-aux-Champs à Bruxelles.

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Accueil > Sens-Dessus n° 15 : Panique > « Tolérance zéro » : la République en état de panique

« Tolérance zéro » : la République en état de panique
par Nadia Taïbi

La question de la délinquance achoppe en France sur le débat ancien qui oppose les tenants d’une action sécuritaire rigoureuse à l’égard des populations dangereuses et les partisans d’une amélioration de leurs situations sociales. Il est, notamment depuis les années 1990, largement alimenté par la politique pénale importée des États-Unis. L’oxymore « tolérance zéro » utilisé comme le slogan de cette politique, renvoie à une conception de l’identité républicaine fondée sur la nécessité d’être entre soi. La surenchère dans la distribution des peines exprime l’état de panique d’un ordre républicain face à ceux qu’il ne saurait contenir.

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Panique sur le marché

Publié: 2 mars 2015 dans N15. Panique, S-D 15

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Panique sur le marché
par Jerôme Sgard

On se souvient de la photographie de Cartier-Bresson prise à Shanghaï, en 1949 : à l’approche des troupes communistes, une foule d’hommes en costumes occidentaux fait le siège d’une banque, criant, gesticulant, pressés les uns sur les autres, espérant encore récupérer leur avoir. Autre cliché connu, ces foules argentines mettant le feu aux agences bancaires de Buenos Aires, à la fin de l’année 2001, en plein effondrement de ces banques elles-mêmes, et plus généralement de l’économie du pays.

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Paniques collectives

Publié: 2 mars 2015 dans N15. Panique, S-D 15

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Paniques collectives
par Odette Barbero

La panique est définie comme « terreur soudaine » ou « terreur extrême et soudaine, souvent collective, devant un danger réel ou seulement possible ». La terreur, du latin terrere faire trembler, est une crainte violente que l’on ressent en raison d’un objet d’épouvante, une peur violente qui peut paralyser le corps et l’esprit – on la rencontre dans les expressions : « panique sidérante » ou « être glacé d’épouvante ». L’épouvante, elle, est une terreur profonde et soudaine provoquée par « quelque chose » d’inattendu et jugé très dangereux.

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Accueil > Sens-Dessus n° 15 : Panique > La conquête du Mexique entre la panique et l’audace

La conquête du Mexique entre la panique et l’audace
par Vincent Grégoire

La rencontre avec la nouveauté, l’altérité radicale, peut produire la suspension de la faculté de raisonner et celle de prendre des initiatives. L’individu ou le groupe est comme paralysé, envahi par un sentiment d’impuissance, traversé par la panique. Il se peut à l’inverse que le choc, loin d’être déstructurant, soit reçu comme occasion de se révéler ou même de s’inventer. Le mouvement n’est alors plus de panique mais d’audace.

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