Qu’est-ce qu’employer son temps ?

Publié: 13 juin 2015 dans A1 - Thèmes Philosophiques

Quelques citations pour introduire la discussion.
• Le temps n’est pas mesuré par le nombre d’années passées, mais par ce que l’on fait, ce que l’on ressent et ce qu’on réalise.
——Jawaharial Nehru
• Comme si on pouvait tuer le temps sans blesser l’éternité.
——Henry Thoreau
• Pendant que l’on cherche à comprendre, le temps passe et la vie avec lui.
——Henri Laborit
• Quand on se propose un but, le temps au lieu d’augmenter diminue.
——Antoine de Rivarol
• Vous les occidentaux, vous avez l’heure mais vous n’avez jamais le temps.
——Mahatma Gandhi
• Vivre c’est changer du temps en expérience.
——Caleb Gattegno
• La sagesse du futur, celle qui évitera le suicide de l’humanité, ne consistera plus à gagner du temps mais à le remplir, à le vivre, à en prendre toute la mesure.
——Jean le Rond d’Alembert
• A chaque minute nous sommes écrasés par l’idée et la sensation du temps. Et il n’y a que deux moyens pour échapper à ce cauchemar : le plaisir et le travail. Le plaisir nous use. Le travail nous fortifie. Choisissons.
——Charles Baudelaire
• Le temps est une invention, ou il n’est rien du tout.
——Henri Bergson, L’évolution créatrice.
• Ce qui remplit le temps, c’est vraiment de le perdre.
——Marguerite Duras, La vie matérielle.
• Comptez le temps que vous passez à ne rien faire ou dans des dissipations qui ne mènent à rien, et voyez l’impôt que vous faites peser sur vous.
——Benjamin Franklin
• Le temps n’est autre chose que la forme du sens interne, c’est-à-dire de l’intuition de nous-mêmes et de notre état intérieur. En effet, le temps ne peut pas être une détermination des phénomènes extérieurs, il n’appartient ni à une figure, ni à une position, etc. ; au contraire, il détermine le rapport des représentations dans notre état interne.
——Emmanuel Kant, Critique de la raison pure.
• Le temps mène la vie dure à ceux qui veulent le tuer.
——Jacques Prévert
• Notre obsession du temps qui passe, qui est gagné ou perdu, nous fait oublier que c’est nous qui passons.
——Pierre Rahbi, Conscience et environnement.
• Une heure n’est pas qu’une heure, c’est un vase rempli de parfums, de sons, de projets et de climats.
——Marcel Proust
• Mon passe-temps favori, c’est laisser passer le temps, avoir du temps, prendre son temps, perdre son temps, vivre à contretemps.
——Françoise Sagan
• L’homme ordinaire ne se préoccupe que de passer le temps, l’homme de talent que de l’employer.
——Arthur Schopenhauer
• Nous ne vivons que la moindre partie du temps de notre vie ; car tout le reste de sa durée n’est point de la vie, mais du temps.
——Sénèque, De la brièveté de la vie.
• Il ne suffit pas de s’occuper ; les fourmis en font autant. La question est de savoir : à quoi occupons-nous notre temps ?
——Henry David Thoreau
• Le temps est une image de l’éternité, mais c’est aussi un ersatz de l’éternité.
——Simone Weil, La pesanteur et la grâce.
• Andromaque : — Je ne sais pas ce qu’est le destin.
Cassandre : — Je vais te le dire. C’est simplement la forme accélérée du temps. C’est épouvantable.
——Jean Giraudoux
• Je ne chercherais plus rien à faire, s’il m’était dit, s’il m’était prouvé que j’ai tout le temps pour le faire.
——André Gide, Les nourritures terrestres.
• Le temps, tout dépend de la manière dont on l’utilise. Les plus belles heures de ma vie, je les ai toujours vécues en deux minutes.
——Frédéric Dard
• Dans le temps, même le futur était mieux.
——Karl Valentin
• Le temps est précieux, mais on n’en connaît pas le prix ; nous ne savons qu’en faire, nous en sommes embarrassés, tandis que nous devrions être si circonspects sur son usage et son bon emploi.
——Fénelon, Pensées recueillies.
• Le temps n’est rien si on ne le pense.
——Alain, Les saisons de l’esprit.
• Les sportifs, le temps qu’ils passent à courir, ils passent pas à se demander pourquoi ils courent. Alors, après on s’étonne qu’ils soient aussi cons à l’arrivée qu’au départ.
——Coluche
• Question : comment faire pour ne pas perdre son temps ? Réponse : l’éprouver dans toute sa longueur.
——Albert Camus
• L’écriture c’est passer le temps. La musique c’est le faire passer. La peinture c’est l’effacer.
——Georges Perros
• La réduction du temps de travail : pour les chômeurs, c’est déjà fait.
——Guy Bedos
• Stupéfiant ! Tout le temps que j’avais devant moi, il est derrière.
——Roland Topor
• Le temps qui vole souvent comme un oiseau se traîne d’autres fois comme une tortue ; mais il ne semble jamais plus agréable que lorsqu’on ne sait s’il va vite ou lentement.
——Ivan Tourgueniev
• Le temps n’est pas une chose qu’il faut faire passer ! Il faut le retenir, au contraire. Et pour cela, il n’y a qu’un moyen : c’est de considérer que tout est intéressant et de s’intéresser à tout.
——Sacha Guitry
• Ma mission est de tuer le temps et la sienne de me tuer à son tour. On est tout à fait à l’aise entre assassins.
——Emil Michel Cioran
• Le regret qu’ont les hommes du mauvais emploi du temps qu’ils ont déjà vécu ne les conduit pas toujours à faire de celui qui leur reste à vivre un meilleur usage.
——Jean de la Bruyère

Petit recueil de textes pour quelques pistes de réflexions.
1. Pascal, Pensées, posth., II, 17.
Nous ne nous tenons jamais au temps présent. Nous anticipons l’avenir comme trop lent à venir, comme pour hâter son cours ; or nous rappelons le passé pour l’arrêter comme trop prompt, si imprudents, que nous errons dans les temps qui ne sont pas nôtres, et ne pensons point au seul qui nous appartient ; et si vains, que nous songeons à ceux qui ne sont plus rien, et échappons sans réflexion le seul qui subsiste. C’est que le présent, d’ordinaire, nous blesse nous le cachons à notre vue, parce qu’il nous afflige ; et s’il nous est agréable, nous regrettons de le voir échapper. Nous tâchons de le soutenir par l’avenir, et pensons à disposer les cho­ses qui ne sont pas en notre puissance, pour un temps où nous n’avons aucune assurance d’arriver. Que chacun examine ses pensées, il les trouvera toutes occupées au passé et à l’avenir. Nous ne pensons presque point au présent ; et si nous y pensons ce n’est que pour en prendre la lumière pour disposer de l’avenir. Le présent n’est jamais notre fin : le passé et le présent sont nos moyens ; le seul avenir est notre fin. Ainsi nous ne vivons jamais mais nous espérons de vivre ; et, nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais.

2. G. Bachelard, La continuité et la multiplicité temporelles, Bulletin de la Société française de Philosophie, A. Colin, mars‑avril 1937
Le temps n’a qu’une réalité, celle de l’Instant. Autrement dit, le temps est une réalité resserrée sur l’instant et suspendue entre deux néants. Le temps pourra sans doute renaître, mais il lui faudra d’abord mourir. Il ne pourra pas transporter son être d’un instant sur un autre pour en faire une durée. L’instant c’est déjà la solitude… C’est la solitude dans sa valeur métaphysique la plus dépouillée. Mais une solitude d’un ordre plus sentimental confirme le tragique isolement de l’instant : par une sorte de violence créatrice, le temps limité à l’instant nous isole non seulement des autres mais de nous‑mêmes, puisqu’il rompt avec notre passé le plus cher. Ce caractère dramatique de l’instant est peut‑être susceptible d’en faire pressentir la réalité. Ce que nous voudrions souligner c’est que dans une telle rupture de l’être, L’idée du discontinu s’impose sans conteste. On objectera peut‑être que ces instants dramatiques séparent deux durées plus monotones. Mais nous appelons monotone et régulière toute évolution que nous n’examinons pas avec une attention passionnée. Si notre cœur était assez large pour aimer la vie dans son détail, nous verrions que tous les instants sont à la fois des donateurs et des spoliateurs et qu’une nouveauté jeune ou tragique, toujours soudaine, ne cesse d’illustrer la discontinuité essentielle du Temps. J’ai souvent fait cette petite expérience dans mes cours à Dijon, le temps vide, uniforme inactif – s’il existe – n’a plus qu’une qualité : sa durée : essayons donc de mesurer cette durée, de nombrer cette uniformité. Et je proposais à mes bleues d’apprécier en secondes un laps de temps déter­miné. Je commençais en leur rappelant la solide objectivité de l’année, du jour de l’heure de la minute, de la seconde. Je leur rappelais aussi avec quelle sécurité ils se servaient, dans la vie commune de ces notions. Je leur demandais alors de compter le nombre de secondes d’un silence général que j’appréciais moi-même en suivant l’expérience sur mon chronomètre. Je fus très frappé des résultats de cette enquête. Dans une classe de qua­rante élèves, les appréciations varièrent du simple au quintuple ; il y eut des étudiants qui trouvèrent 30 secondes dans une minute, tandis que d’autres en trouvèrent 150. Je recommençai cette expérience plusieurs lois, avec des étudiants différents et toujours d’une manière impromptue. Les résultats furent toujours aussi divergents. On peut immédiatement en conclure que le temps pur est bien mal connu ; il est, je crois, d’autant plus mal connu qu’il est plus vidé, moins actif, privé des relations qui permettent de le mesurer. Dès qu’on est débarrasse des repères objectifs, on mesure le temps à la besogne que l’on tait plutôt que de mesurer la besogne au temps qu’elle réclame. G. Bachelard, La continuité et la multiplicité temporelles Bulletin de la Société française de Philosophie, A. Colin, mars‑avril 1937

3. Ernst Bloch, Le Principe Espérance (1959), trad. F. Wuilmart, Gallimard, 1976, pp. 353-354.
Il est tout aussi impossible à un sens, quel qu’il soit, de percevoir le vécu-dans-l’instant, qu’il est impossible à l’œil de voir à l’endroit de la tache aveugle, là où le nerf pénètre dans la rétine. Il faut toutefois se garder de confondre la tache aveugle de l’âme, l’obscurité de l’instant vécu avec l’obscurité dans laquelle sont plongés les événe­ments oubliés ou passés. Si le passé se perd progressivement dans la nuit, il y a moyen d’y remédier, le souvenir peut le faire revivre, sources et objets enfouis peuvent être exhumés, qui plus est, le passé historique, bien que lacunaire, est un objet de choix pour la cons­cience contemplative et se laisse aisément objectiver par elle. Au contraire, l’obscurité de l’instant vécu reste prisonnière de son som­meil ; la conscience actuelle n’est disponible que pour une expérience à peine écoulée ou une expérience attendue et imminente, et son contenu. L’instant vécu lui-même et son contenu restent par essence invisibles et ce d’autant plus sûrement que se renforce l’attention braquée sur lui à l’endroit de cette racine […], de cette immédiateté ponctuelle, c’est tout un monde qui baigne encore dans les ténèbres […]. Rien ne fuit plus le présent que ce carpe diem ordinaire qui semble se dissoudre entièrement dans la jouissance de l’instant […]. On n’arrive donc pas Si facilement à « cueillir » le jour, à moins que l’on ne confonde l’instant que l’on voudrait voir « demeurer » avec un long moment de paresse […]. Le carpe diem vulgaire ne va jamais plus loin que la simple impression, il s’en tient à la surface du moment du plaisir ou de la dou­leur, et c’est même – contrairement à ce qu’en dit Horace – le dis­persé, l’éphémère, le privé-de-présent par excellence […]. Les hommes d’action exceptionnels semblent offrir le spectacle d’un carpe diem authentique, sous forme de décision prise à l’instant voulu, de puissance à ne pas laisser échapper l’occasion qu’il offre. Mommsen illustre cette puissance par l’exemple de César, il l’appelle « géniale lucidité » et poursuit par ces mots significatifs : « C’est à elle qu’il devait le pouvoir de vivre énergiquement dans l’instant, sans se laisser troubler ni par le souvenir, ni par l’attente ; à elle qu’il devait la faculté de concentrer ses forces et d’agir à tout moment. » Mais César et la plupart des hommes d’action de la société de classes, c’est-à-dire ici de l’histoire non percée à jour, ont-ils aussi saisi l’instant, qu’ils façonnaient, sous l’angle de son contenu historique ?

4. P. Lecomte du Noüy, Entre croire et savoir. Coll. L’Esprit et la main, Hermannl, 1964, pp. 294‑298
Intuitivement nous nous rendons bien compte que la valeur du temps n’est pas la même pour un insecte éphémère qui vit quelques jours, et pour l’homme qui vit jusqu’à quatre-vingts ou cent ans. Le rythme des réactions n’est pas identique. Et pouvons‑nous affirmer que cette valeur est la même au début et à la fin de la vie humaine ? L’expérience nous enseigne que le temps « semble » s’écouler plus vite à mesure que nous avançons en âge. S’agit‑il là d’une illusion, ou bien au contraire d’une réalité biologique. A la suite d’une longue série de recherches et d’expériences commencées pendant la guerre de 1 9 1 4‑ 1 9 1 8, nous avons réussi à montrer que la vitesse de cicatrisation des plaies variait en fonction de la surface de la plaie et de l’âge du blessé. Nous aboutîmes à une formule mathématique simple dans laquelle un seul coefficient exprimait cette double relation, et flous appe­lâmes ce coefficient  » L’indice de cicatrisation  » […]. Dans les années qui suivirent, quand nous eûmes conçu la possibilité d’existence d’un « temps physiologique » différent du « temps physique » ou astronomique, nous nous efforçâmes d’éliminer l’élément individuel de la Formule, à savoir l’influence de la surface de la plaie : une petite plaie se cicatrise plus vite qu’une grande chez un homme d’un âge donné. Ce résultat fut atteint grâce à un artifice mathématique qui consista simple­ment à multiplier l’indice de cicatrisation par la racine carrée de la surface de la plaie. Et le nouveau coefficient ainsi obtenu – que nous avons appelé constante d’activité physiologique de réparation A – ne dépendait plus que de l’âge de l’homme (ou de l’animal) et exprimait comme son nom l’indiques l’activité spécifique correspondant à un âge donné.
Les valeurs expérimentales de ce coefficient A basées sur un grand nombre de cas (plus de 600) sont les suivantes :

AGES :     10             20           25           30           32          40          50         60 ans
A =       0,400         0,260       0,225      0,198      0,188      0,144      0,103        0,08

Ces chiffres montrent que l’activité réparatrice des tissus varie considérable­ment au cours de la vie : elle est cinq fois plus grande à l’âge de dix ans qu’à soixante ans. Schématiquement, une plaie qui se cicatrise en vingt jours chez un enfant de dix ans, se cicatrisera environ en trente et un jours chez un homme de vingt ans, en quarante et un jours chez l’homme de trente ans, en cinquante‑cinq jours s’il a quarante ans, en soixante‑dix‑huit jours s’il a cinquante ans et en cent jours s’il a soixante ans. L’activité diminue donc très rapidement […]. Cela signifie qu’à des âges différents il faut des temps différents pour accomplir le même travailler, nous pouvons mesurer le temps non seulement par une vitesse supposée constante, comme celle de la rotation de la terre, mais par un travail, si nous sommes certains que ce travail est effectué à vitesse constante. Il semblerait donc que nous ne puissions pas mesurer le temps en nous basant sur la vitesse de cicatrisation puisque nous avons précisément démontré que celle‑ci varie au cours de la vie. D’autre part, nous devons nous souvenir que cette variation n’est observée que par comparaison à an étalon de temps emprunté au monde inanimé, au mouvement des astres, qui semblent évoluer dans un temps arithmétique, uniforme. Mais il n’y a aucune raison évi­dente pour que ce temps physique, conceptuel, s’applique aux organismes vivants qui naissent, vivent, meurent, et sont le siège de phénomènes essen­tiellement différents de ceux du monde inorganisé, qui ignore la périodicité individuelle, l’adaptation et l’évolution phylogénétique. Le rythme de notre existence cellulaire est infiniment plus important pour nous que le rythme éternellement indifférent des planètes et des soleils […] Notre temps, le temps individuel des choses vivantes qui naissent et qui meurent, est plus réel et plus significatif pour nous que le temps mathéma­tique conçu par nous, mais étranger à nos activités vitales. Et rien ne nous oblige à compartimenter notre vie intérieure au moyen de cadres rigides empruntés à une évolution qui n’est pas la nôtre. Si nous choisissons d’interchanger nos étalons et de mesurer le temps physique au moyen de temps physiologique, nous constatons que tout se passe comme si le temps physique s’écoulait beaucoup plus rapidement au début de la vie qu’à la fin, logarithmiquement comme celui des atomes radio‑actifs – et non plus arithmétiquement […]. On sait que, psychologiquement, on peut se faire une idée de la saleur du temps aux différents ages en raisonnant de la façon suivante : une années pour un enfant de cinq ans, représente le cinquième de son existence totale, et à peine le quart de son existence consciente. Pour un homme de cin­quante ans, une année ne représente plus que le cinquantième de son existence. Elle lui paraît donc beaucoup plus courte. Or, chose curieuse, les courbes mathématiques (hyperbole équilatère et courbe logarithmique) exprimant d’une part cette observation, et d’autre part les variations de la constante d’activité physiologique de réparation A, coïncident sur une partie importante de leur longueur, entre les Ages de dix ans et de quatre-­vingts ans. Nous pouvons donc mesurer le raccourcissement de nos années et la valeur relative du temps de nos horloges à différentes périodes de notre vie, et nous voyons qu’une heure de l’existence d’un enfant de dix ans vaut cinq heures de la vie d’un homme de soixante ans. En d’autres termes, au cours de soixante minutes du temps de nos horloges, un enfant a vécu, physiolo­giquement et psychologiquement, autant qu’un homme de soixante ans en cinq heures.

5. Un film : L’emploi du temps réalisé par Laurent Cantet (2001)

Vincent, consultant en entreprise, vient d’être licencié. Il décide de le cacher à son entourage, et de s’inventer un nouvel emploi à l’ONU, à Genève. Il passe ses journées et ses nuits sur la route, sur les parkings, ou dans un refuge en montagne, apprenant par cœur des documents pour étayer la fiction de son emploi, de sa vie.

Toute la semaine « en déplacement », Vincent rentre le week-end dans son foyer pour retrouver sa femme et ses trois enfants. Pour assurer son train de vie, il va être amené à escroquer ses parents et amis. D’arnaques en dissimulations, sa peur de décevoir va mettre en branle un engrenage dont il ne pourra plus se dégager.

Il lui faut à tout prix remplir les pages de son emploi du temps, et surtout ne pas éveiller les soupçons.

6. Une chanson : L’homme Pressé, Noir Désir (2001)
J’suis un mannequin glacé
Avec un teint de soleil
Ravalé, Homme pressé
J’suis un mannequin glacé
Avec un teint de soleil
Ravalé, Homme pressé
Mes conneries proférées
Sont le destin du monde
Je n’ai pas le temps je file
Ma carrière est en jeu
Je suis l’homme médiatique
Je suis plus que politique
Je vais vite très vite
J’suis une comète humaine universelle
Je traverse le temps
Je suis une référence
Je suis omniprésent
Je deviens omniscient
J’ai envahi le monde
Que je ne connais pas
Peu importe j’en parle
Peu importe je sais
J’ai les hommes à mes pieds
Huit milliards potentiels
De crétins asservis
A part certains de mes amis
Du même monde que moi
Vous n’imaginez pas
Ce qu’ils sont gais

Qui veut de moi
Et des miettes de mon cerveau
Qui veut entrer
Dans la toile de mon réseau

Militant quotidien
De l’inhumanité
Des profits immédiats
Des faveurs des médias
Moi je suis riche, très riche
Je fais dans l’immobilier
Je sais faire des affaires
Y’en a qui peuvent payer
J’connais tout Paris
Et puis le reste aussi
Mes connaissances uniques
Et leurs femmes que je…
Fréquente évidemment
Les cordons de la bourse
Se relâchent pour moi
Il n’y a plus de secrets
Je suis le Roi des rois
Explosé l’audimat
Pulvérisée l’audience
Et qu’est-ce que vous croyez
C’est ma voie c’est ma chance
J’adore les émissions
A la télévision
Pas le temps d’regarder
Mais c’est moi qui les fais
On crache la nourriture
A ces yeux affamés
Vous voyez qu’ils demandent
Nous les savons avides
De notre pourriture
Mieux que d’la confiture
A des cochons

Qui veut de moi
Et des miettes de mon cerveau
Qui veut entrer
Dans la toile de mon réseau

Vous savez qui je suis
Un homme pressé
Un homme pressé
Un homme pressé
J’suis une victime en fait
Un homme pressé
Un homme pressé
Un homme pressé
J’suis un militant quotidien
De l’inhumanité
Et des profits immédiats
Et puis des faveurs des médias
Moi je suis riche, très riche
Je fais dans l’immobilier
Je sais faire des affaires
Y’en a qui peuvent payer
Et puis je traverse le temps
Je suis devenu omniprésent
Je suis une super référence
Je peux toujours ram’ner ma science
Moi je vais vite, très vite
Ma carrière est en jeu
Je suis l’homme médiatique
Moi je suis plus que politique
Car je suis un homme pressé
Car je suis un homme pressé
Car je suis un homme pressé
Car je suis un homme pressé
Car je suis un homme pressé
Car je suis un homme pressé

Love Love Love
Dit-on en Amérique
Lioubov
Russie ex-Soviétique
Amour
Aux quatre coins de France

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