Clochardisation, déracinement, dépersonnalisation : la fin de l’Algérie coloniale

Publié: 3 avril 2016 dans N17. Habiter, S-D n° 17

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Clochardisation, déracinement, dépersonnalisation : la fin de l’Algérie coloniale
par Vincent Grégoire

En 1960, en Algérie, 2,2 millions de personnes, déplacées de force, vivent dans des camps de regroupement. Environ un million de personnes ont rejoint les villes (en fait, les bidonvilles) dans les années précédentes. Ils sont donc plus de trois millions à avoir été arrachés à leur habitat traditionnel, soit la moitié de la population rurale. Par ailleurs, un homme algérien sur deux a fait l’expérience, souvent très amère, d’un séjour en métropole (d’une durée de 2 à 4 ans en moyenne). Rares sont les sociétés à avoir connu un tel ébranlement, plaçant les individus en situation de désolation : ils hantent et encombrent un monde qu’ils ne peuvent pas habiter, suspendus qu’ils sont entre un passé dont ils ne retiennent que des bribes et un avenir entrevu mais se dérobant toujours.
La destruction de l’ancien est trop rapide pour que se fasse l’adaptation au nouveau. Si l’individu moderne est partout chez lui dans le monde, l’individu déplacé (lui-même produit de la modernité) est celui qui n’est plus chez lui nulle part.

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