Ne plus être né : L’effacement des êtres et la mort civile

Publié: 21 septembre 2018 dans N22. Rien

Ne plus être né : L’effacement des êtres et la mort civile
par Nadia Taïbi

« Livrée par sa mère à la marée montante sur la plage, la fillette a été retrouvée noyée au matin du 20 novembre 2013 par des pêcheurs de crevettes. Elle a été inhumée vendredi dans l’urgence avec les indigents du cimetière de l’Ouest à Boulogne-sur-Mer, sans pierre tombale ni plaque à son nom ». Comme tout crime cet infanticide révèle la teneur tragique de certaines vies. Cette mère avons-nous pu lire se trouvait comme dans une impasse et sa personnalité (notamment la question de savoir si son cas était d’ordre psychiatrique ou psychanalytique) fut au centre du procès.

Il aurait pu être le crime parfait et conduire à l’effacement de la fillette, de toute trace de sa présence. Ce fait « divers » rappelle que l’on peut disparaître sans être né. À la manière d’Ivan Jablonka dans Laetitia ou la fin des hommes c’est à cette fille sans nom que nous prêtons attention.

En effet, l’exclusion de cette petite fille du monde des vivants accomplit son mode d’être au monde. Là où pour toute existence humaine elle est scandaleuse, la mort accomplit ici la vie. Cette enfant figure l’être dont le sort est au sens le plus strict « indifférent ». Celui dont la présence ne fait pas de différence. D’ailleurs, elle n’est pas activement noyée mais […]

 

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